Billet d'humeur
Par domiloir le jeudi 3 décembre 2009, 19:52 - billet d'humeur - Lien permanent
A quelques jours du sommet mondial de Copenhague, je souhaitais apporter ma
petite pierre pour que ce siècle qui débute ne finisse pas en apocalypse. Je
sais qu’il est très présomptueux de se dire que ce petit blog, parmi tant
d’autre, peu modifier les comportements et infléchir les tendances dures qui se
profilent, mais en prenant exemple sur l’humaniste Pierre RABHI, je me sens le
devoir d’agir à mon échelle, avec un brin d’utopie, pour tenter de reconnecter
à la nature l’enfant qui sommeille en tout un chacun. Il est insupportable de
voir que malgré les connaissances accumulées sur le réchauffement climatique
par des milliers de scientifiques, il se trouve encore des détracteurs dont le
seul but est de permettre à leur « business » de continuer à amasser
des profits au détriment des plus pauvres ou des moins informés. Les
conséquences du dérèglement climatique majeur qui se profile, ne se résument
pas à un changement moyen de quelques degrés, mais à un changement en
profondeur de notre biosphère avec perturbation des équilibres que nous
connaissons et en particulier des climats locaux, des écosystèmes, ou encore de
la biodiversité. Cela peut paraître un peu désuet dans l’ère technologique que
nous traversons, de s’épancher encore sur la beauté de notre environnement et
de nos paysages comme le fait Yann Arthus-Bertrand, mais que nous restera t-il
quand nous aurons fait disparaître par notre incurie une grosse partie des
espèces que nous connaissons, ce qui se présage si l’on en croit le WWF qui
annonce la chute d’un tiers des populations de vertébrés depuis 30 ans. Une
photo de tigre, d’éléphant ou d’ours polaire en fond d’écran ne remplacera
jamais le même dans son environnement naturel car seul ce milieu est garant
d’offrir encore aux générations futures un cadre de vie harmonieux. Si nous
continuons à détruire ce milieu si nécessaire aux grand équilibres naturels et
si nous poursuivons notre frénésie consommatrice et destructrice de ressources
non renouvelables, nous finirons par une crise sociale plus grave encore que la
crise climatique dont nous amorçons la traversée. Si nous continuons sur cette
voie nous finirons par être enseveli sous la masse de déchet que nous émettons
pour maintenir un niveau de vie basé sur une vision artificielle et marketée du
bonheur et qui conduit les plus démunis à vivre de et sur nos immondices. Les
quelques degré de plus qui nous attendent ne nous toucherons pas tous de la
même manière et, comme la misère, ce sera encore les pays du sud qui
trinqueront le plus. Mais trinqueront-ils avec nos vins ? Rien n’est moins
sûr car nos terroirs sous l’influence du réchauffement climatique ne seront
plus capables de produire nos cépages actuels ! Pouvons nous nous estimer
heureux de nous dire que même si nos Petrus et Romanée-Conti viennent à
disparaitre d’autres grand crus les remplaceront ailleurs ? Ils ne
profiteront en tout cas pas au milliard de personnes qui n’ont même pas accès à
l’eau potable et qui sont situées la plupart du temps dans des régions dont le
déficit en eau est aggravé par la pauvreté des sols. Ces populations, qui ont
de plus en plus de difficultés à abreuver leur bétail, viendront grossir le
flot de ces nouveaux réfugiés dit « climatiques ». Que ferons-nous
lorsqu’en 2050, 200 millions de migrants seront jetés sur les routes en raison
de l’évolution inhospitalière de leur environnement (estimation de
l’ONU) ? Mais même les nantis ne sont pas à l’abri car de nombreux effets
collatéraux liés à l’augmentation du nombre ou de l’intensité des phénomènes
extrêmes (canicules, sécheresse, inondations, ouragans…) peuvent avoir des
conséquences inattendues comme un renchérissement important de nos primes
d’assurances, ou encore une augmentation de la fiscalité nécessaire pour faire
face aux énormes coûts environnementaux. Il est dommage de se rendre compte
seulement maintenant que la crise du système, que nous connaissons depuis la
découverte du pétrole, est liée principalement à notre manque d’anticipation et
à notre cupidité alors que de nombreux scientifiques avaient déjà mis en garde
nos dirigeants lors du premier choc pétrolier de 1973 !
Dominique LOIR-MONGAZON
Comme cadeau, pour avoir un maximum d'informations afin d'affronter les
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