A quelques jours du sommet mondial de Copenhague, je souhaitais apporter ma petite pierre pour que ce siècle qui débute ne finisse pas en apocalypse. Je sais qu’il est très présomptueux de se dire que ce petit blog, parmi tant d’autre, peu modifier les comportements et infléchir les tendances dures qui se profilent, mais en prenant exemple sur l’humaniste Pierre RABHI, je me sens le devoir d’agir à mon échelle, avec un brin d’utopie, pour tenter de reconnecter à la nature l’enfant qui sommeille en tout un chacun. Il est insupportable de voir que malgré les connaissances accumulées sur le réchauffement climatique par des milliers de scientifiques, il se trouve encore des détracteurs dont le seul but est de permettre à leur « business » de continuer à amasser des profits au détriment des plus pauvres ou des moins informés. Les conséquences du dérèglement climatique majeur qui se profile, ne se résument pas à un changement moyen de quelques degrés, mais à un changement en profondeur de notre biosphère avec perturbation des équilibres que nous connaissons et en particulier des climats locaux, des écosystèmes, ou encore de la biodiversité. Cela peut paraître un peu désuet dans l’ère technologique que nous traversons, de s’épancher encore sur la beauté de notre environnement et de nos paysages comme le fait Yann Arthus-Bertrand, mais que nous restera t-il quand nous aurons fait disparaître par notre incurie une grosse partie des espèces que nous connaissons, ce qui se présage si l’on en croit le WWF qui annonce la chute d’un tiers des populations de vertébrés depuis 30 ans. Une photo de tigre, d’éléphant ou d’ours polaire en fond d’écran ne remplacera jamais le même dans son environnement naturel car seul ce milieu est garant d’offrir encore aux générations futures un cadre de vie harmonieux. Si nous continuons à détruire ce milieu si nécessaire aux grand équilibres naturels et si nous poursuivons notre frénésie consommatrice et destructrice de ressources non renouvelables, nous finirons par une crise sociale plus grave encore que la crise climatique dont nous amorçons la traversée. Si nous continuons sur cette voie nous finirons par être enseveli sous la masse de déchet que nous émettons pour maintenir un niveau de vie basé sur une vision artificielle et marketée du bonheur et qui conduit les plus démunis à vivre de et sur nos immondices. Les quelques degré de plus qui nous attendent ne nous toucherons pas tous de la même manière et, comme la misère, ce sera encore les pays du sud qui trinqueront le plus. Mais trinqueront-ils avec nos vins ? Rien n’est moins sûr car nos terroirs sous l’influence du réchauffement climatique ne seront plus capables de produire nos cépages actuels ! Pouvons nous nous estimer heureux de nous dire que même si nos Petrus et Romanée-Conti viennent à disparaitre d’autres grand crus les remplaceront ailleurs ? Ils ne profiteront en tout cas pas au milliard de personnes qui n’ont même pas accès à l’eau potable et qui sont situées la plupart du temps dans des régions dont le déficit en eau est aggravé par la pauvreté des sols. Ces populations, qui ont de plus en plus de difficultés à abreuver leur bétail, viendront grossir le flot de ces nouveaux réfugiés dit « climatiques ». Que ferons-nous lorsqu’en 2050, 200 millions de migrants seront jetés sur les routes en raison de l’évolution inhospitalière de leur environnement (estimation de l’ONU) ? Mais même les nantis ne sont pas à l’abri car de nombreux effets collatéraux liés à l’augmentation du nombre ou de l’intensité des phénomènes extrêmes (canicules, sécheresse, inondations, ouragans…) peuvent avoir des conséquences inattendues comme un renchérissement important de nos primes d’assurances, ou encore une augmentation de la fiscalité nécessaire pour faire face aux énormes coûts environnementaux. Il est dommage de se rendre compte seulement maintenant que la crise du système, que nous connaissons depuis la découverte du pétrole, est liée principalement à notre manque d’anticipation et à notre cupidité alors que de nombreux scientifiques avaient déjà mis en garde nos dirigeants lors du premier choc pétrolier de 1973 !
Dominique LOIR-MONGAZON

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