Le premier est ex-vice-président des Etats-Unis et couronné d’un prix Nobel de la paix. Le second est climatologue. Le troisième est économiste. Leur point commun : ces trois personnalités – Al Gore, James Hansen et Nicholas Stern – tirent le signal d’alarme de toutes leurs forces. Car il semble aujourd’hui acquis que la machine climatique s’emballe. Le niveau des eaux monte au diapason du thermomètre et de la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère.

On connaît le responsable. Si pendant quelques années, le doute a plané, ce n’est aujourd’hui plus le cas. Le changement climatique est bien le fait de l’homme. Habitat, transport, production et agriculture, à travers leur lourde consommation d’énergies fossiles, sont les principales sources d’émission de gaz à effet de serre.

On connaît également les noms des principaux « pollueurs » : la Chine, les Etats-Unis et l’Union européenne crachent dans l’atmosphère 57 % du total mondial des gaz à effet de serre. Cela, alors que les deux tiers de l’humanité sont encore exclus du festin. La situation est-elle plus grave que ce que nous pensions ?

Nicholas Stern, James Hansen ou Al Gore ont un autre point commun : aucun d’entre eux ne détient de mandat électif. Leurs détracteurs diront donc que ces trois personnalités n’ont aucune légitimité démocratique. Mais n’ayant aucune échéance électorale devant eux, ces hommes jouissent précisément d’une plus grande liberté de parole et ont certainement une propension plus faible que d’autres à manier la langue de bois. N’est-ce pas un argument supplémentaire pour prêter grande attention à leurs avertissements ?

par GREG RUFFING/AGENCE REA