Un iceberg de 2 550 km2 s'est détaché de la langue de glace du glacier Mertz
en Antarctique de l'Est. La séparation a été détectée par une équipe
franco-australienne (1). Selon le communiqué du CNRS : « Ce phénomène
vient s'ajouter aux autres observations faites autour de l'Antarctique où de
plus en plus de plates-formes glaciaires se détachent du continent et
s'entrechoquent, ce qui entraîne une production accrue d'icebergs et une
augmentation de l'apport d'eau douce à l'Océan Austral. ». Le glacier Mertz
s'écoule dans l'océan avec un débit de 10 à 12 milliards de tonnes de glace par
an. Avant la séparation du bloc de glace, sa langue de glace s'étendait en mer
sur 160 km. Elle ne fait maintenant plus que 80 km. L’iceberg qui vient de se
détacher a une longueur de 78 km et une largeur allant de 33 à 39 km ; son
épaisseur moyenne est d'environ 400 mètres. Selon les observations par
satellite, ce vêlage (2) est dû à la collision d'un iceberg encore plus grand
et vieux de 18 ans, appelé B9B (95km de long par 20km de large). D’après les
scientifiques, la position future des deux icebergs risque d’affecter la
circulation océanique et l'équilibre des écosystèmes de cette région. C’est
dans cette zone que prennent naissance en partie les eaux de fond denses et
froides de l'Antarctique qui alimentent la circulation océanique
mondiale.
Michel Sage
1) L’équipe de recherche est composée de : - LEGOS : Laboratoire
d'études en Géophysique et océanographie spatiales (CNRS/Université Paul
Sabatier/CNES/IRD) ; - LOCEAN : Laboratoire d'Océanographie et du
Climat : Expérimentations et Approches Numériques
(CNRS/UPMC/IRD/MNHN) ; - l'Université de Tasmanie (Australian Antarctic
Division).
2) Fragmentation d'une masse de glace appartenant à un glacier, un iceberg ou une plate-forme de glace

